6. Une soirée différente…
Paris.
Dans l’obscurité trois silhouettes étaient assises autour d’une table. C’étaient trois amis et ils étaient en train de discuter.
« – Jean, je ne croyais pas que tu étais si froussard!
- Je ne suis pas froussard, chère Léa, mais je n’aime pas ce genre de choses.
- Les garçons, s’il vous plaît- dit Jaques, en riant – moi et Léa, nous voulons le faire. Jean, tu dois t’ adapter, ou, si tu préfères, tu peux sortir. »
« Mais ça est chez moi! » réplica Jean en soufflant.
Dans l’obscurité, ils rirent.
Ils commencèrent la séance de spiritisme, même si Jean avait peur. Léa était euphorique, elle n’avait jamais peur de rien, jamais. La table de bois du salon était occupée par un tableau avec les lettres de l’alphabet et une monnaie antique, la seule lumière dans la maison était celle d’une bougie posée sur la table. Les amis avaient tous mis un doigt sur la monnaie et Jaques, le seul qui avait déjà fait une séance, évoqua les esprits. Un frisson le long du dos et… rien.
Tout semblait normal quand Jean, n’ayant entendu aucun bruit, ouvrit les yeux et cria ironique: « Oui, une séance de spiritisme vraiment très intense» puis, il se leva de la chaise. Jaques, très épouvanté, lui dit qu’il était imbécile parce que personne ne devait se lever avant la fin de l’évocation…C’était dangereux!
Un cri de terreur se leva de Jean…
Il s’était aperçu que Léa avait des costumes qu’on utilisait au 12ème siècle. Elle ne s’inquiéta pas, au contraire, elle lui demanda si elle était jolie avec ce vêtement. Jaques ne rit pas… alors tout était vrai! Elle regardait les garçons et eux aussi ils n’avaient pas la même mine que d’habitude. Ils étaient des fantômes.
Quoi faire? Ils s’assirent, la tête entre les mains. Sûrement des morts se retrouvaient avec leur corps dans leurs propres mausolées mais comment les retrouver?
À ce moment-là un éclat de rire fit geler le sang dans les veines. « Qui est là?. » Personne ne répondit.
Les trois amis se regardèrent. Léa eut une idée:
« Nous ne pourrions pas nous amuser un peu avant de penser à quoi faire pour résoudre la situation? Allons-y! Prenez vos manteaux »
Les autres se levèrent et Léa alluma la lampe. Un autre cri. « Jean, qu’as-tu? » demanda Jaques.
« Ce n’est pas possible! Pourquoi est-ce que je suis le seul qui n’est pas habillé!? Non seulement nous n’avons vu aucun esprit mais, en admettant qu’ils soient ici, il se sont moqués de moi!»
Un autre fou rire, différent du premier…pas un mot après…
Jean semblait très préoccupé quand il avait demandé si c’était Léa ou Jaques qui avaient ri pour l’épouvanter mais pour eux c’était Jean qui voulait leur faire une plaisanterie.
Tous les trois allèrent dans la chambre à coucher de Jean pour l’habiller mais rien à faire. Les fantômes ne peuvent pas porter les vêtements des humains, ils tombent tous!!! C’était après cette affirmation qu’un pagne était apparu sur la commode devant Jean. Léa, étonnée par la présence d’un pagne l’obligea à le mettre mais Jean ne voulait pas. Ce fut grâce à Jaques qui jeta Jean sur le lit qu’elle put le lui mettre. Les deux amis, très amusés, rirent parce que le pagne était la seule chose qui restait sur le corps de Jean.
« Bon, sortons! » dit Jaques et avant que son ami puisse parler ils étaient dehors.
Les fous rires reprirent mais cette fois quelqu’un parla… « François, je ne m’amusais pas comme ça depuis 300 années! »
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